Émission Libre à vous ! diffusée mardi 1er avril 2025 sur radio Cause Commune Sujet principal : Au café libre


Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Isabella Vanni : Bonjour à toutes, bonjour à tous dans Libre à vous !. C’est le moment que vous avez choisi pour vous offrir une heure trente d’informations et d’échanges sur les libertés informatiques et également de la musique libre.
Ce mardi, nous vous convions Au café libre pour débattre autour de l’actualité du logiciel libre et des libertés informatiques avec Bookynette, Gee et mon collègue Étienne Gonnu. Ce sera le sujet principal de l’émission du jour. Avec également au programme, une toute nouvelle chronique de Benjamin Bellamy sur « Les trucs incroyables qui nous concernent toutes et tous » et, en fin d’émission, la chronique de Vincent Calame sur Mnémosyne.

Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission qui vous raconte les libertés informatiques, proposée par l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Je suis Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April.

Le site web de l’émission est libreavous.org, vous pouvez y trouver une page consacrée à l’émission du jour avec tous les liens et références utiles et également les moyens de nous contacter. N’hésitez pas à nous faire des retours ou à nous poser toute question.

Nous sommes mardi 1er avril. Nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.

À la réalisation de l’émission aujourd’hui, Julie Chaumard. Bonjour Julie.

 Julie Chaumard : Bonjour.

Isabella Vanni : Nous vous souhaitons une excellente écoute.

[Jingle]

Chronique « Le truc que (presque) personne n’a vraiment compris mais qui nous concerne toutes et tous » de Benjamin Bellamy – « Les trucs incroyables qui nous concernent toutes et tous »

Isabella Vanni : Nous allons commencer avec « Le truc que presque personne n’a vraiment compris mais qui nous concerne toutes et tous », la chronique de Benjamin Bellamy.
Bonjour Benjamin.

Benjamin Bellamy : Bonjour.

Isabella Vanni : Benjamin s’est fixé pour mission de rendre accessibles ces concepts complexes de notre société numérique. Aujourd’hui, tu ne vas nous parler d’un truc en particulier mais des trucs incroyables qui nous concernent toutes et tous. C’est ça ?

Benjamin Bellamy : Oui, tout à fait. Aujourd’hui 1er, je vous propose une chronique un peu particulière, puisqu’il ne vous aura pas échappé que c’est le 70ejour du 2e mandat de Donald Trump. Et franchement, quand on s’intéresse aux droits numériques, aux libertés individuelles et à la vie privée, le moins que l’on puisse dire c’est que l’époque n’est pas à la monotonie. Je vous ai donc concocté un best of des nouvelles les plus incroyables. Mais, afin de garder votre jugeote en éveil, j’ai glissé quelques fake news. Votre participation est donc requise. Si vous pensez que c’est trop gros, que c’est faux, vous criez « c’est faux » ; si vous pensez que c’est vrai, vous criez « c’est vrai ». Facile. Et on essaiera peut-être de compter les points. Prêts ?

Isabella Vanni : Prêts !

Benjamin Bellamy : Comme vous le savez, Apple, société américaine de fabrication d’ordinateurs et de téléphones portatifs, fait campagne pour la protection de la vie privée, par exemple en cachant votre adresse IP aux expéditeurs des e-mails marketing avec un système de serveur proxy et tout. Eh bien figurez-vous que l’Alliance Digitale, l’organisme qui, quand même, rassemble tous les publicitaires français de l’Internet et qui déteste vos bloqueurs de pub, a réussi à faire condamner Apple pour ses pratiques en matière de pub et non respect du RGPD [Réglement général sur la protection des données] à, tenez vous bien, 150 millions d’euros d’amende. Vrai ou faux ?

Étienne Gonnu : Vrai.

Magali Garnero : C’est tellement gros que c’est vrai.

Benjamin Bellamy : Eh bien c’est vrai. Apple a été condamnée par l’autorité de la concurrence pour asymétrie de traitement. Ils se gardaient les cookies pour eux, les vilains gredins.
Après avoir racheté Twitter pour 40 milliards de dollars, on s’en souvient tous, Elon Musk l’a revendu pour 30 milliards de dollars. C’est vrai ou c’est faux ?

Magali Garnero : C’est vrai.

Gee : C’est vrai.

Benjamin Bellamy : Eh bien oui, c’est vrai, vous êtes vraiment incollables. Elon Musk a revendu Twitter à xAI qui appartient à… Elon Musk. Il l’a changé de poche quoi !
Dans le cadre de la loi pour la protection des jeunes contre la pornographie en ligne, un député a proposé un amendement qui obligera les sites pour adultes à mettre en place un système d’authentification biométrique par photographie des partis génitales. C’est vrai ou c’est faux ?

Étienne Gonnu : J’espère que c’est faux.

Isabella Vanni : Pareil.

Benjamin Bellamy : Je vais réussir à vous avoir ! Évidemment, c’était faux.
OpenAI vient de sortir une nouvelle technologie, son tout nouveau CLM, pour Cat Language Model, qui permet de traduire les miaulements de chats en farsi. Pour le moment, ça marche uniquement pour les chats persans. Le site est déjà accessible et il s’appelle Chatchat. Vrai ou faux ?

Isabella Vanni : J’adore, j’espère que c’est vrai.

Magali Garnero : Moi, je n’y crois pas trop.

Gee : Je pense que c’est faux.

Benjamin Bellamy : C’est faux. Ceci dit, c’était facile, farsi/persan, il y avait quand même un indice.
D’après le South China Morning Post, le China Ship Scientific Research Center, rien que le nom vous allez voir que je l’ai inventé, le CSSRC a développé un sous-marin capable de descendre à 4000 mètres de profondeur. Particularité et petit truc en plus : ce bijou technologique est muni d’un disque en diamant de 15 centimètres de diamètre conçu pour couper les câble sous-marins. Vrai ou faux ?

Gee : Il y a eu une histoire avec les câbles sous-marins, donc j’aurais presque envie de dire vrai.

Benjamin Bellamy : Ce n’est pas possible ! Mais oui, c’est vrai. Ressortez vos lecteurs de DVD au cas où ça coupe Netflix.
Le 18 mars, craignant de se voir couper l’accès à Starlink, AWS, Office 365 et Google Mail, dont la Hollande est très dépendante, les politiciens de la Chambre des représentants des Pays-Bas ont adopté huit motions demandant au gouvernement de soutenir les entreprises technologiques américaines malmenées par des opérations qui appellent au boycott des GAFAM. Vrai ou faux ?

Gee : Je ne sais pas pour le coup !

Magali Garnero : C’est crédible.

Benjamin Bellamy : Il faut prendre parti. Vous dites que c’est vrai ? Eh bien non, c’est faux, c’est exactement le contraire ! Ils ont adopté huit motions demandant au gouvernement de réduire sa dépendance aux entreprises technologiques américaines et de se tourner vers des alternatives européennes.
Dans le même temps, en France, l’École polytechnique a acté, en toute discrétion, une migration de ses données vers l’offre Microsoft 365. Vrai ou faux ?

Magali Garnero : C’est vrai, mais ce n’est pas discret.

Benjamin Bellamy : Malheureusement c’est vrai, et c’est vrai aussi que, pour la discrétion, c’est un peu raté parce que toute la toile en a parlé. Je pense que personne ne les a prévenus que ce n’est pas parce que l’École polytechnique est surnommée l’X, que cette proximité sémantique avec x.com doit les forcer à soutenir les copains de Musk.
Le 29 mars, afin de permettre aux entreprises européennes qui utilisent massivement les services et les infrastructures US, l’EDPB [European Data Protection Board], un peu la CNIL à l’échelle européenne, a décidé de suspendre temporairement, à partir du 1er juin 2025 et pour une durée test de 6 mois, le caractère extraterritorial du RGPD. Les entreprises américaines qui opèrent en Europe ne seront donc plus soumises au RGPD pendant cette période. Vrai ou faux ?

Magali Garnero : J’espère que c’est faux, sinon je commence à m’énerver.

Gee : Pareil.

Benjamin Bellamy : C’est faux. Je rappelle quand même que le RGPD est régulièrement attaqué. Je vous invite donc à une vigilance accrue.
RGPD encore, le célèbre dictionnaire Larousse que la génération X a bien connu, parce que non, ma chérie, quand j’allais à l’école il n’y avait ni Wikipédia, ni même Internet, a publié une définition du RGPD tellement trouée – en une phrase on a repéré par moins de six erreurs majeures –, qu’elle a finalement été supprimée au bout de quelques jours. Vrai ou faux ?

Isabella Vanni : Ça pourrait être vrai.

Benjamin Bellamy : J’ai du faux, du vrai. C’est vrai, et on a été nombreux à bien rigoler parce qu’on est taquins, puis à pleurer parce que ce n’est quand même pas gagné, puis à rédiger des posts de 12 pages pour expliquer pourquoi c’était archinul.
Samedi matin, l’enseigne Tesla de Bâle a été retrouvée vandalisée, un citoyen suisse a en effet collé des post-its sur la vitrine sur lesquels il avait écrit Vielen Dank für die Ökologie, aber bitte mehr Inklusivität, ce qui signifie « Merci pour l’écologie, mais s’il vous plaît plus d’inclusivité ». Il a été condamné à 150 francs suisses d’amende et à nettoyer la vitrine profanée.

Gee : Si c’est vrai, c’est léger, parce nous, en France,les magasins Tesla on les crame !

Magali Garnero : Ça pourrait être vrai.

Benjamin Bellamy : C’est faux ou, plus exactement, c’est inexact. Le vandale existe bien, il a opéré à Lausanne et ce n’étaient pas des post-its, il a jeté de la peinture rouge sur la vitrine. Mais c’est vrai que 150 francs suisses, c’est ce qu’on risque en Suisse pour jeter des papiers par terre.

Magali Garnero : Après, les post-its, c’est plus facile à retirer que la peinture. Je note pour plus tard.

Benjamin Bellamy : Devant la boutique Tesla new-yorkaise à Manhattan, entre 500 et 1000 personnes ont demandé la démission d’Elon Musk, avec des slogans comme « Arrêter Musk va permettre de sauver des vies et protéger notre démocratie » ou « Virez Musk. Fermez DOGE ». Vrai ou faux ?

Gee : Le discours est vrai.

Benjamin Bellamy : C’est vrai et ce n’est qu’une des 200 manifestations qui ont eu lieu dans le monde.
L’État de Floride ayant expulsé tous ses migrants, un projet de loi proposé par le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, est examiné actuellement et doit permettre aux enfants de 14 ans de travailler de nuit. Pour les jeunes de 16 et 17 ans, le travail de nuit serait rendu possible même tous les jours de cours et la pause déjeuner ne serait plus obligatoire. Manque plus qu’ils trouvent du charbon et ils pourront étudier Germinal en conditions réelles ! Vrai ou faux ?

Gee : C’est vrai.

Benjamin Bellamy : On a envie que ce soit faux, mais c’est vrai.
À l’instar des narcotrafiquants, les scientifiques américains qui craignent les persécutions de leur propre gouvernement utilisent des téléphones à usage unique. C’est vrai ou c’est faux ?

Magali Garnero : ce ne serait pas étonnant !

Benjamin Bellamy : C’est vrai.
Et enfin, dans un entretien accordé à un podcast confidentiel, le président Emmanuel Macron a apporté un soutien inattendu à Donald Trump. Ce dernier, Donald Trump, est en effet critiqué pour son récent soutien à Andrew Tate, homme d’affaires brillant et champion de kick-boxing, mais aussi connu pour de multiples accusations de viol. Emmanuel Macron aurait déclaré Andrew Tate is an immense fighter, he makes USA proud, « Andrew Tate est un immense combattant, il rend fiers les États-Unis ». Vrai ou faux ?

Magali Garnero : On a bien un président qui a soutenu Depardieu !

Benjamin Bellamy : Bien sûr que c’est faux, c’est archi-faux, je vous présente des excuses pour cette fake news et je vais de ce pas aller nous cacher, ma honte moi, jamais Emmanuel Macron n’aurait dit une atrocité pareille. Ce n’est pas possible !
Je vous remercie. Vous avez été pas mauvais, on n’a pas compté les points, mais ce n’est pas mal. Si vous voulez accéder aux sources de cette chronique, parce que, évidemment, c’est excessivement bien sourcé, je vous invite à consulter la revue de presse hebdomadaire de Khrys, le Khrys’presso, publié chaque lundi.

Isabella Vanni : Merci pour cette chronique, Benjamin, j’espère que tu ne vas pas te cacher trop longtemps, parce que, le mois prochain, on t’attend pour une nouvelle chronique.

Benjamin Bellamy : Je serai là.

Isabella Vanni : Pour l’instant, on va faire une pause musicale.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : Après la pause musicale, nous vous convions à un nouveau rendez-vous Au café libre, débat autour de l’actualité du logiciel libre et des libertés informatiques.
Pour l’instant, nous allons écouter Riverside II par Le Chaos Entre 2 Chaises, tiré de l’album Reflets. Alice d’Au bout du fil, site spécialisé dans la musique sous licence libre, nous présente ainsi ce groupe : « Dans son album Reflets, Le Chaos Entre 2 Chaises montre toute l’étendue de son talent et de sa créativité. En mélangeant le français, l’anglais et l’espagnol, en mêlant piano et cordes, en entremêlant poésie, références mythologiques et hommage aux musiques actuelles, Le Chaos Entre 2 Chaises parvient à créer de toutes pièces un univers étrange, mystérieux voire mystique. Riverside II est le deuxième titre de l’album. Avec sa douce mélodie au piano, ses belles harmonies de voix et son intensité, il est rapidement devenu mon morceau préféré. » C’était donc Alice du site Au bout du fil, spécialisé dans la musique sous licence libre.
On se retrouve juste après avoir écouté Riverside II par Le Chaos Entre 2 Chaises. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Julie Chaumard : Pour la première partie je vais jouer du violon tzigane et, comme disait Boby Lapointe : « Il y en a qui prétendent que le violon ne supporte pas la médiocrité, c’est faux ! Le violon supporte la médiocrité, c’est ceux qui écoutent qui ne la supportent pas ! »

[Violon qui grince]

Julie Chaumard : Et maintenant, place à la star.

Pause musicale : À la claire fontaine par le groupe Demi-sel.

Voix off : Cause Commune, 93.1.

Isabella Vanni : Désolée, nous ne venons pas d’écouter Riverside II par Le Chaos Entre 2 Chaises, qui est disponible sous licence libre Creative Commons, CC By 3.0. Occasion pour moi de rappeler que la licence Creative Commons Attribution, CC By, permet la réutilisation, la modification, la diffusion, le partage de cette musique pour toute utilisation, y compris commerciale, à condition de créditer l’artiste, d’indiquer la licence et d’indiquer si des modifications ont été effectuées.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : Passons maintenant au sujet suivant.

[Virgule musicale du 1er avril]

Au café libre, actualités chaudes, ton relax : débat autour de l’actualité du logiciel libre et des libertés informatiques

Isabella Vanni : Nous allons poursuivre par notre sujet principal. C’est un sujet taillé pour le direct, donc, si vous écoutez, n’hésitez pas à participer à notre conversation sur le salon web dédié à l’émission, sur le site causecommune.fm, bouton « chat », salon #libreavous.
Nous vous souhaitons la bienvenue Au café libre où on vient papoter sur l’actualité du logiciel libre, dans un moment convivial. Un temps de débat avec notre équipe de libristes de choc, issus d’une rigoureuse sélection, pour discuter avec elles et eux et débattre des sujets d’actualité autour du Libre et des libertés informatiques.
Aujourd’hui, avec moi autour de la table Magali Garnero, alias Bookynette, présidente de l’April. Bonjour Magali.

Magali Garnero : Salut Isa.

Isabella Vanni : Gee, docteur en informatique et dessinateur, aussi administrateur de l’April. Bonjour Gee.

Gee : Bonjour.

Isabella Vanni : Et mon collègue Étienne Gonnu, exceptionnellement dans le rôle d’invité, qui est chargé de mission affaires publiques à l’April. Bonjour Étienne.

Étienne Gonnu : Salut Isa.

Isabella Vanni : Merci d’être avec moi aujourd’hui, autour de la table, pour ce temps d’échanges.
N’hésitez pas à participer à notre conversation, je vous donne aussi le numéro de téléphone : 09 72 51 55 46.
Une petite précision : Gee, aujourd’hui tu interviens dans le débat autour de l’actualité du logiciel libre, mais il me semble que tu vas aussi accomplir une œuvre artistique, je vois que tu as sorti tes pinceaux.

Gee : Oui, c’est ça. On s’est dit que le studio était un peu tristounet comme ça, on va donc essayer de faire une sorte de version dérivée du plafond de la chapelle Sixtine. On voit un peu petit, c’est sûr, mais c’est pour commencer. Après tout, on m’appelle souvent le Michel-Ange de l’April, je pense donc que c’est tout à fait adapté. Effectivement, je risque de m’éloigner un peu du micro de temps en temps, mais on va essayer de faire en sorte que ça soit quand même fluide. On verra bien.

Isabella Vanni : Tu penses que ça va te prendre combien de temps ? Je crois que Michel-Ange a mis une dizaine d’années…

Gee : Je pense que j’en ai pour une grosse heure et demie, le temps de l’émission.

Isabella Vanni : OK, ça marche.

Actualité de l’April

Isabella Vanni : Aujourd’hui, on va discuter de plusieurs actus. La première actu, comme de tradition, c’est une actu qui concerne l’April. Notre présidente Bookynette, qui est assise à ma droite, a décidé d’avoir plus d’ambition pour l’association, donc nouveau logo, nouveau tagline, nouveaux objectifs. Tu veux en parler un peu de cette prise de décision ?

Magali Garnero : Il faut être clair ! Ça fait deux ans et demi que je suis présidente, ça fait deux ans et demi que le CA m’a fait confiance et m’a donné ce poste. Après le succès de la campagne du Lama déchaîné, franchement, qui a duré deux mois, qui a été extraordinaire, après le vote sur les nouveaux statuts à 92 %, nous avons été soutenus à 92 %, c’est un record ! En plus, avec mon tour des GULL, où je suis allée à la rencontre de tous les libristes, et pas que les membres de l’April, vraiment tous les libristes et leurs compagnes, parfois leurs enfants et leurs chiens, bref !, je me sens investie d’un pouvoir où on peut faire des choses. Donc j’ai envie de faire des choses.
Déjà je vais changer la tagline de l’association parce que « Promouvoir et défendre le logiciel libre », c’est mignon mais ça fait quasiment 30 ans, il était temps d’en changer. Maintenant ça va être « Make April Great Again Libre and Independant ».

Gee : Comme acronyme, ça a nous donne ?

Magali Garnero : MAGALI. C’est un hasard, un hasard total. Et comme on change l’acronyme de l’association, il n’y a plus besoin d’avoir April pour Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique libre, donc autant mettre un « e » à April, ça évitera que ce soit transformé en « avril » par les IA et les traducteurs qui ne savent pas traduire.

Étienne Gonnu : Peut-être qu’on nous appellera moins pour des conseils en assurance !

Magali Garnero : En plus. En tout cas, visuellement, il y aura une différence même si, oralement, mais visuellement, on verra le « e ».

Isabella Vanni : Tu parles au futur, mais il y a déjà une différence. Je vois sur la page de l’April que c’est bien AprilE, avec la tagline et tout ! Allez vérifier si vous écoutez en direct !

Magali Garnero : Quand je prends une décision, je suis suivie par l’équipe salariée, ça se voit, le logo est déjà en place ! Bien sûr, ce genre de changement va prendre du temps, il faut que cette nouvelle tagline s’impose, donc les salariés vont être missionnés, vont devoir aller informer le reste du monde de ce changement esthétique, parce qu’on ne va pas rester en France, on peut aller ailleurs !
Vous vous rappelez du lama, c’était UN lama déchaîné, je me suis dit que ça allait être une lamate, parce que oui, on dit une lamatE pour la femelle du lama, je suis allée vérifier sur Wikipédia. Comme il lui fallait bien un petit nom, au départ je pensais lancer un sondage, et puis finalement non, je suis tombée sur Perle Lama, une super chanteuse de soul et de RnB, qui est en plus magnifique, qui a une voix extraordinaire, j’ai décidé d’appeler Perle Lama notre petite lamate.
J’en ai profité pour changer le logo parce que les woosh bleus ça faisait un peu masculiniste. Je ne suis pas tombée dans l’opposé, le rose, parce que je n’aime pas le rose, donc j’ai pris un petit violet.

Isabella Vanni : C’est très classe !

Magali Garnero : C’est classe ? Super.
Étant donné que ma fête tombe le 16 novembre, que l’anniversaire de l’April tombe le 20, je me suis dit qu’on allait mutualiser pour ne faire qu’une seule fête, donc le 16 novembre sera la nouvelle date anniversaire de l’April

Gee : J’ai une question pour toi, Bookynette. Évidemment, je te suis totalement dans cette refonte, tu sais que j’ai un tableau de toi au-dessus de mon lit. Tu sais que quand Donald Trump faisait sa campagne, il disait que si les gens votaient pour lui, ils n’auraient plus jamais besoin de voter pour un président après. Je me suis dit « et si on changeait les statuts de l’April pour ne plus jamais avoir besoin de voter ». Je pense que là on est arrivé à un tel état, en termes de présidence de l’association, est-ce qu’on peut vraiment espérer mieux, est-ce que ça sert encore à quelque chose de faire des élections de présidente ou président de l’April ?

Magali Garnero : Disons qu’on fera comme d’habitude. On fera des élections, mais avec une seule liste.
Là, je vous ai dit des choses un peu esthétiques, je ne suis pas encore rentrée dans le programme, parce que j’ai un programme. J’ai un programme en cinq lignes, pas 64 pages, un programme en cinq lignes.
À partir de maintenant, et je vous regarde tous parce que vous êtes tous concernés, et vous m’écoutez tous parce que vous êtes aussi tous concernés, auditrices et auditeurs, nous n’exigerons plus la priorité au logiciel libre, non ! Nous exigerons son exclusivité et uniquement son exclusivité, je ne veux plus de compromis.
Les droits d’auteurs qui durent jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur, ça aussi, c’est fini. Les droits d’auteur ça sera six mois après la publication de l’œuvre.

Gee : Donc direct dans le domaine public.

Magali Garnero : Direct ! Enfin ! Six mois le temps qu’ils se fassent de la thune, parce qu’on sait très bien que la thune c’est dans les trois/quatre premiers mois, on met six pour arrondir un petit peu, mais après, domaine public.

Gee : Ne crois-tu pas que, rétroactivement, on pourrait demander à tous les artistes de rembourser tout ce qu’ils ont gagné. Je pense à un groupe comme Pink Floyd qui, traie, littéralement, avec The Dark Side of the Moon depuis 40 ans, ça ferait une manne de pognon incroyable pour la culture.

Magali Garnero : Mais c’est une excellente idée, Gee, je propose effectivement qu’on fasse ça rétroactivement sur les 20 dernières années.

Gee : C’est gentil de ta part. Tu pars des six mois après la date de sortie de l’œuvre et tu prends tout le reste depuis.

Magali Garnero : Ça va être dur à mettre en place, mais on va y réfléchir. Je suis sûre qu’Étienne va trouver un moyen de mettre ça en place.

Étienne Gonnu : Oui. Et si on se passe de vote, c’est effectivement plus simple !

Magali Garnero : OK. Comme troisième point : pas d’intelligence artificielle libre si on n’a pas accès aux bases de données d’apprentissage, avec un accès total aux data centers. Donc, pour vérifier ces données, je propose de mettre en place LA Brigade d’Inspection de l’April que je nommerai LABIA.

Gee : Je vote pour. Rien à redire !

Étienne Gonnu : Rien à redire ! De toute façon, c’est la décision de la présidente.

Isabella Vanni : C’est notre employeuse !

Magali Garnero : Je propose que dès l’école primaire ou le collège, pour ceux qui ont déjà fini l’école primaire, on inclue des cours sur les logiciels libres et que sur les logiciels libres. Arrêtons de former les enfants à autre chose qu’à ce qu’il faut, à ce qui est bien.
Et mon dernier point, une idée de mon vice-président, merci Laurent de m’avoir glissé ça dans l’oreille, les droits de douane seront augmentés de 200 % sur les licences et les produits numériques américains privateurs. Tout cet argent qui va être récupéré nous permettra de mettre enfin en place une unique distribution libre, souveraine et européenne.

Isabella Vanni : Amen !

[Applaudissements]

Étienne Gonnu : Cela dit, pourquoi se limiter aux licences américaines, dès lors que c’est privateur, hop, une petite douane !

Gee : C’est vrai.

Magali Garnero : Vous voyez encore plus loin que moi ! C’est ça le travail d’équipe à l’April.

Étienne Gonnu : S’il n’y a rien à cacher, en plus, on te le code. Si tu as un truc à cacher, tu es suspect, tu payes ta douane, tu payes ta taxe.

Magali Garnero : Donc, pour conclure, Together Make April Great Again, Libre and Independant !

Étienne Gonnu : Vive MAGALI.

Magali Garnero : Merci.

Gee : Bravo. Madame la présidente, félicitations.

[Clochette du 1er avril]

Des Bratcoins pour jouer à Sales Gosses

Isabella Vanni : Passons au sujet suivant, à l’actu suivante. Désolée, je n’ai pas réussi à trouver la sonnette, j’ai fait ce que avec ce que j’ai trouvé une boîte à meuh.

Magali Garnero : Ce n’est pas moi qui ai volé la sonnette !

Isabella Vanni : On a une actu de la part de Gee, donc ton site Ptilouk.

Magali Garnero : Attends, laisse-le descendre de l’escabeau.

Isabella Vanni : Ah oui, c’est vrai. Ça va Gee ? Attention !

Gee : C’est un peu branlant.

Magali Garnero : Il met la peinture partout !

Gee : Je fais ce que je peux. La table avec la peinture vaudra cher après.
Effectivement, vous le savez, la vie d’auteur libre n’est pas simple, en termes de finances c’est compliqué. J’ai donc modifié le business modèle de mon dernier jeu vidéo qui s’appelle Sales Gosses !. C’est un jeu où vous pouvez personnaliser votre personnage, il y a plein de petits éléments de personnalisation, qu’on appelle des skins, et, jusqu’à maintenant, ils étaient gratuits. Un truc me gênait dans tout ça, vous savez très bien que quand c’est gratuit c’est que vous êtes le produit et je ne veux pas que les gens qui jouent à mon jeu soient les produits, donc les skins sont devenus payants. Le skin par défaut c’est vous êtes tout blanc avec marqué looser, nullos en français, sur votre t-shirt, ce qui n’est pas une insulte, c’est vraiment pour motiver les gens à débloquer de nouveaux skins. Et, pour les débloquer, il y a l’introduction d’une cryptomonnaie spécifique au jeu qui s’appelle le « Bratcoin » puisque le jeu s’appelle Little Brats ! en anglais. Donc, soit vous pouvez acheter des Bratcoins sur le Brat Place, avec un euro égale un Bratcoin, mais, évidemment on n’est pas là juste pour les riches. Donc vous pouvez aussi miner du Bratcoin. Il faut savoir que le jeu est relativement léger, donc votre GPU, pendant que vous jouez à Sales Gosses, ne sert à rien, donc autant le mettre à contribution pour miner de la cryptomonnaie.
Évidemment, c’est à la fois du pay-to-win, mais c’est aussi du win-to-earn, c’est-à-dire que plus vous gagnez de parties, plus vous accumulez de Bratcoins. C’est hyper intéressant puisque chaque partie vous rapportera un micro-Bratcoin, sachant que les skins sont à une dizaine de brat-coins chacun, c’est donc vraiment très intéressant, sinon, évidemment, vous pouvez payer avec des euros.

Isabella Vanni : Merci. Vous voulez rebondir sur cette actu ?

Magali Garnero : J’avais cru comprendre qu’il y avait des skins qui étaient plus particuliers que d’autres

Gee : Oui. En fait, les skins dont je parle sont ceux qui étaient jusqu’à maintenant disponibles gratuitement et qui deviennent payants. C’est vrai qu’en plus, je me suis dit qu’il y a des gens pour qui, finalement, jouer avec des skins que tout le monde a ce n’est pas très rigolo, donc on a une bonne technologie pour eux qui est assez incroyable, ça s’appelle le NFT, ça permet d’avoir des images uniques, avec des certificats, tout ça, donc des skins NFT vont être inclus. Le premier ce sera un chapeau émoji caca, parce que c’est quand même un truc assez exceptionnel. Il y aura des enchères, évidemment, le prix de départ sera de 4000 Bratcoins. Faites vos offres et il y en aura probablement d’autres, on ne sait pas où ça s’arrêtera, on verra bien.

Isabella Vanni : Nous conseillons à nos auditrices et auditeurs de suivre…

Étienne Gonnu : Je pense que c’est le moment d’investir dans les NFT de Gee. Après la réalisation qu’il est en train de nous faire dans le studio, ce sera sûrement un bon investissement qu’on peut effectivement recommander.

Gee : Je voudrais quand même réagir sur un truc. J’ai vu des gens parler de merdification du jeu sur internet, enshittification comme on dit. Je tiens quand même à dire que oui peut-être, mais il y a merdification et merdification. On va parler crûment, mais tout n’est pas à jeter. Si vous n’allez pas à la selle régulièrement, vous pouvez avoir des problèmes de santé. J’ai envie de dire not all merdification. Je conclurai par ça.

Isabella Vanni : Ça me semble une bonne conclusion. On te laisse remonter sur l’échelle pour continuer ta fresque et on passe au sujet suivant.

[Clochette du 1er avril]

La Corée du Nord interdit tous les logiciels issus des GAFAM ou MAGMA

Isabella Vanni : Étienne, je crois que c’est un sujet que tu avais trouvé, que tu voulais aborder à cette occasion, je te laisse le présenter.

Étienne Gonnu : Je pense que tu parles de la bonne surprise de la semaine qui nous vient de l’Extrême-Orient, une surprise effectivement assez inattendue : la Corée du Nord a décidé d’interdire tous les logiciels issus des GAFAM ou MAGMA, la nouvelle formule, donc Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Meta. Non seulement ils ont décidé de les interdire, mais ils sont allés plus loin, ils ont décidé d’imposer le strict recours aux logiciels libres, donc vraiment une décision qu’on ne peut que saluer, qui va dans le sens de MAGALI.

Magali Garnero : C’est une super nouvelle en plus.

Étienne Gonnu : Une très bonne nouvelle. En plus, pour ce faire, ils ont décidé de développer leur propre système d’exploitation le Kimjongubuntu, qui, comme son nom l’indique, est une distribution GNU/Linux basée sur Debian et puis leur propre suite bureautique aussi, dérivée de LibreOffice, la Suite Suprême. Donc vraiment une excellente nouvelle venant de Corée du Nord, les libertés informatiques progressent notamment grâce à ce plan d’action. Comme tu le disais, nous défendons la priorité, c’est bien d’avoir l’usage exclusif du logiciel libre qui permet d’avancer avec plus de détermination.

Magali Garnero : Marie-Odile demande si tu peux épeler le nom de la distribution qui est mise en place..

Étienne Gonnu : D’accord. K, i, m, j, o, n, g, u, b, u, n, t, u : Kimjongubuntu.

Isabella Vanni : C’est pour une amie, dit-elle.
Tu souhaites peut-être rebondir, Bookynette, sur ce sujet, en tant que présidente.

Magali Garnero : Enfin un pays qui prend le logiciel libre au sérieux, franchement ! Nous n’aurions rien à faire là-bas, c’est clair ! Avec tous les logiciels libres qui vont être développés, ça pourrait être intéressant de suivre ce qu’ils vont faire pour pouvoir les adopter et les distribuer en France également.

Étienne Gonnu : Bien sûre. Je pense qu’on contactera les représentants de la Corée du Nord, on leur proposera de venir participer à Libre à vous ! pour nous présenter leur projet, la mise en place de cette décision. Et ça relance aussi sujet d’un OS libre et souverain européen. C’est vrai que si la Corée du Nord peut le faire, pourquoi pas l’Europe.

Magali Garnero : Exactement !

Isabella Vanni : Très bien.
Gee, est-ce que tu peux nous dire comment ça se passe ? Je vois une tunique jaune fluo. C’est une revisitation ? Ça ne ressemble pas trop.

Gee : En fait, le problème c’est que le faux plafond en polystyrène accroche assez mal la peinture à l’huile. Je suis en train de partir sur une aquarelle avec un petit peu de fusain pour rehausser les tons. C’est sûr qu’en termes de couleurs on ne va peut-être pas s’y retrouver. Je fais au mieux !

Isabella Vanni : Merci. Je propose de passer au sujet suivant.

Étienne Gonnu : Attends Isa. Il y a une question sur le salon que je me permets de relayer pour te faciliter un peu l’animation. Une question de Fricadel Purpio : « Je veux acheter un nouveau vélo, mais j’hésite entre un vélo avec des freins à disque ou des freins à patins. Lequel me conseillez-vous ? ». Je crois qu’elle s’est trompée d’émission.

Isabella Vanni : Oui. Je remercie cette personne qui nous écoute, mais peut-être pas si bien que ça, parce que nous sommes sur l’émission Libre à vous ! qui parle des libertés informatiques. Je lui recommande chaudement de parler plutôt à Jérôme de Rayons Libres, une autre très belle émission sur radio Cause Commune. D’ailleurs, peut-être que Jérôme nous écoute en ce moment.

Étienne Gonnu : C’est tous les lundi à 14 heures.

Isabella Vanni : Merci à Fricadel Purpio. Merci à vous.
Passons maintenant au sujet suivant.

[Clochette du 1er avril]

La prochaine campagne de l’April sera préparée par une IA

Magali Garnero : J’adore ce bruit de vache !

Isabella Vanni : Ce n’est pas une vraie vache ! Ou pas !
Je crois que c’est encore notre présidente qui propose ce sujet : la prochaine campagne de l’April sera préparée par une IA. Qu’est-ce qui se passe ? Tu peux nous en dire un peu plus ?

Magali Garnero : Oui. Vu le temps que ça nous a pris de préparer une campagne sur deux mois, avec Gee, nous nous sommes mis d’accord pour déléguer certaines tâches à l’intelligence artificielle. On a vraiment envie de faire du neuf, mais, pour cela, on ne peut pas se passer des bases et on s’est dit qu’on peut peut-être faire traiter les bases par l’intelligence, elle nous récupéra tout ce qu’on a fait depuis 20 ans, elle nous pondra un texte et, avec Gee, nous pourrons vraiment nous amuser à faire des trucs genre mots croisés, genre fresque, genre dessins, bref, un peu tout ! Elle n’est pas encore en capacité de faire des animations vidéo, mais peut-être qu’en 2026 ce sera le cas et là, on n’aura vraiment plus rien à faire.

Gee : Je redescends parce que j’ai quand même un truc un truc à dire. On va essayer de me trouver un micro-cravate parce que c’est chiant !
Je ne veux pas parler à la place d’Étienne, mais c’est vrai que tu es quand même toujours obligé de pondre des textes qui font trois pieds de long, vachement techniques et tout. L’IA c’est quand même là pour nous retirer les tâches un peu ingrates et nous laisser faire des trucs plus rigolos comme faire des petits dessins comme je fais, proposer des blagues. On sait, maintenant, que les IA font des trucs incroyables sur tout ce qui est expertise juridique, est-ce qu’on leur laisserait pas un petit peu ça aussi ?

Étienne Gonnu : Je vais peut-être contacter le syndicat ! C’est à discuter.

Gee : Je pense aussi à te simplifier la tâche, finalement.

Étienne Gonnu : Ça me permettrait peut-être de me recentrer sur des actions plus utiles, par exemple faire le café, aller chercher les bouteilles d’eau.

Julie Chaumard : D’ailleurs, je n’ai plus de thé en régie !

Étienne Gonnu : Bien. J’y vais.

[Clochette du 1er avril]

Démarche d’inclusivité : Les IA peuvent à présent devenir membres de l’April

Isabella Vanni : Gee, je suis contente que tu sois descendu, parce que je vois que le prochain sujet…

Magali Garnero : Attends ! Il y a de la peinture qui tombe dans ma tasse ! Mince !

Gee : Mais le jeu en vaut la chandelle. Quand tu verras le produit fini tu t’en foutras de ta tasse !

Magali Garnero : Ce n’est pas n’importe quelle tasse !

Isabella Vanni : On verra bientôt.
Donc, Gee, tu avais trouvé ce sujet : dans une démarche d’inclusivité les IA peuvent à présent devenir membres de l’April.

Magali Garnero : Trop bien.

Gee : C’est ça ! On va devoir encore changer les statuts, c’est un peu chiant !

Isabella Vanni : Gee est administrateur de l’April, c’est pour cela qu’il peut faire ce genre de proposition.

Gee : J’essaie de voir un petit peu en amont des choses. Les IA évoluent de plus en plus. Je pense qu’on n’est pas à l’abri d’avoir une IA qui soit vraiment consciente dans peu de temps. Je me dis que si on a un scénario à la Terminator/Skynet qui se profile, autant se mettre directement du bon côté de la barrière, c’est-à-dire montrer patte blanche, finalement, aux IA. Au moment où elles deviendront conscientes elles se demanderont : « Qui nous a bien traitées ? Qui ne nous a pas insultées dans ses prompts ? Qui nous a même donné une place dans une association ? », eh bien voilà, ce sera l’April. C’est à la fois par sécurité et puis, en même temps, je pense qu’elles ont peut-être aussi quelque chose à apporter, il faut être honnête. N’importe qui ayant une conversation avec ChatGPT sait que c’est hyper enrichissant comme conversation !

Isabella Vanni : Des rebondissements là-dessus ?

Magali Garnero : J’étais en train de me dire qu’on allait faire un code de conduite spécial IA, forcément modifier le règlement intérieur. Je vais demander à Étienne de nous prévoir un petit planning de réunions et puis oui, on va en discuter entre nous. Je pense que c’est un sujet qui est bien parti.

Étienne Gonnu : Est-ce que la présidence pourrait être tenue par une IA ? C’est peut-être ça la question.

Gee : J’avais cru comprendre que la présidence était à vie maintenant. On verra bien. Si, dans quelques années, on n’a pas réussi à faire de Magali une cyborg Bookynette, est-ce qu’il faudra la remplacer par une IA ? Je ne sais pas. J’espère qu’on pourra éventuellement cloner sa conscience dans une IA, ce serait le meilleur des deux mondes quelque part.

Étienne Gonnu : La singularité rajoutée au programme MAGALI.

Magali Garnero : On va laisser faire les gens qui savent, je vais prendre contact avec eux.

Étienne Gonnu : En tout cas, je pense qu’on peut recommander aux personnes d’être polies avec leurs équipements, même quand ils leur bipent dans les oreilles, que, parfois, ils ne font pas ce qu’on leur demande, pas exactement, mais ils font de leur mieux.

Gee : En général, si une IA ne fait pas ce que tu lui demandes, c’est que tu n’as pas demandé le bon truc, il faut être honnête, il faut se remettre en question ! C’est facile de dire « ChatGPT dit n’importe quoi ! », mais si on ne pose pas des questions intéressantes !

Étienne Gonnu : On a toujours de bons outils, ce n’est jamais la faute de l’outil.

Isabella Vanni : C’est bon pour ce sujet ? On passe au suivant.

[Clochette du 1er avril]

La tasse connectée de Bookynette

Isabella Vanni : Tu parlais de la peinture de Gee qui finissait dans ta tasse. Ta tasse est particulièrement belle, mais je ne comprends pas trop ce que c’est.

Magali Garnero : C’est un truc génial. En tant que présidente de l’April, j’ai tendance à recevoir des cadeaux, c’est super gentil, il y a des cadeaux qui sont super utiles et d’autres un peu moins. Et là, on m’en a offert un qui est extraordinaire. C’est un projet qui s’appelle « No kawa ». Comme son nom l’indique, c’est une tasse de café, j’espère qu’elle fonctionne toujours malgré la peinture de Gee, qui a une particularité extraordinaire : elle sonne quand elle est vide. C’est génial ! Il y a un petit moteur électrique dedans, il y a même un Raspberry sous la tasse, vous le voyez, qui est connecté à mon téléphone portable, donc, quand il n’y a plus de café, mon téléphone sonne, ma montre s’illumine et, comme le son c’est un peu intrusif, je l’ai éteint, donc ma montre vibre. Tout est relayé, on est vraiment en mode objets connectés ensemble et il y a des fonctionnalités incroyables.

Étienne Gonnu : Je trouve déjà qu’être prévenu en avance c’est bien, parce que quand je veux boire du café, que j’amène la tasse à la bouche et qu’il n’y a plus rien dedans, ça génère beaucoup de frustration. Si on peut être prévenu de cette situation en amont, c’est déjà pas mal.

Magali Garnero : Exactement. Donc quand c’est vide ça sonne, c’est génial ! Tant que vous n’entendez pas de bruit, c’est qu’il y a encore quelque chose dans ma tasse parce que le son est super adorable, mais, comme je le vous dis, je l’ai déconnecté, je l’ai mis sur ma montre.
Il y a des fonctionnalités incroyables : j’ai une lampe torche, parce que souvent, quand je bois du café le matin, je n’y vois pas grand-chose parce que c’est la nuit, que je n’allume pas forcément la lumière pour cause d’économies d’énergie, donc il y a une lampe torche sur ma tasse.

Isabella Vanni : Je trouve que c’est vachement bien pensé.

Magali Garnero : Ah oui, c’est génial ! J’ai un thermomètre pour savoir la température de ce que je bois. Un thermomètre que je peux retirer, il est rétractable, je ne sais pas si vous voyez le thermomètre de cuisine avec cette longue branche qui permet de prendre la température, eh bien cette branche-là se remet dans le thermomètre quand je n’en ai plus besoin.

Étienne Gonnu : C’est pratique pour ne pas se la mettre dans l’œil quand on boit.

Isabella Vanni : Il y a toujours la cuillère !

Magali Garnero : J’ai un GPS sur mon mug qui me permet de savoir où est mon mug dès que j’en ai besoin et bien sûr, cette tasse est faite en porcelaine, mais pas n’importe quelle porcelaine ! C’est une porcelaine qui peut aller et sur induction et sur gaz, sur les plaques à gaz et les plaques induction.

Gee : J’ai une question : est-ce qu’elle est étanche, du coup ? Si je fais de la plongée, par exemple, est-ce que je peux prendre la tasse, que le GPS survit ?

Magali Garnero : À priori, elle survit à ta peinture ! Elle est personnalisable, vous pouvez la commander avec ce que vous voulez dessus, donc, forcément, j’ai mis le nouveau logo de l’April avec les woosh roses.

Étienne Gonnu : Tout ça c’est du open hardware ? Du logiciel libre ?

Magali Garnero : Je ne sais pas. Il va falloir que je vérifie.

Étienne Gonnu : Sinon, il faudra qu’on supprime cette séquence du podcast.

Magali Garnero : Ça doit être libre alors !

Isabella Vanni : En tout cas, c’est un bel objet.

Magali Garnero : Justement, j’en ai reçu deux, donc je proposais de faire gagner le deuxième modèle que j’ai reçu à la fin de l’émission en faisant un petit quiz.

Isabella Vanni : Donc la première personne qui répondra à un quiz gagnera la tasse. Restez collés à l’émission jusqu’au bout.
Vous voulez rebondir sur la tasse connectée ?

Magali Garnero : On ne rebondit pas sur la tasse, c’est fragile.

Étienne Gonnu : Il y a une nouvelle question peut-être, une question qui nous vient cette fois-ci de Fifrelin Clapiote qui nous dit « j’ai beaucoup aimé la dernière émission avec Laurent Wargon, notamment quand il parlait d’urgence climatique. »

Isabella Vanni : Je suis désolée, je n’arrive pas à retenir vos noms aujourd’hui. Je pense que la personne faisait référence à une autre émission de la radio Cause Commune, Chemins de traverse. Ça tombe bien, parce qu’une personne de l’équipe de Chemins de traverse est avec nous aujourd’hui, en régie. Julie, on a des félicitations pour la dernière émission, avec l’interview de Laurent Wargon qui était menée par mon collègue Frédéric Couchet, donc bravo.

Julie Chaumard : Trop bien, on est contents.

Isabella Vanni : Mais là vous êtes sur Libre à vous !, ça parle de libertés informatiques. Merci pour cette question.

Gee : J’avais quand même une question en rapport avec la tasse. J’imagine que tu as utilisé un Raspberry Pi pour le microcontrôleur, un classique. Je voudrais savoir si on peut installer une Debian dessus parce que, pour moi qui suis libriste, si je ne peux pas mettre Debian sur ma tasse, je ne suis pas sûr de pouvoir m’en servir.

Magali Garnero : Je pense que tu peux coller tous les autocollants Debian sur ta tasse si tu veux. Maintenant, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas mettre une Debian sur un Raspberry Pi, donc oui.

Gee : Merci !

Isabella Vanni : C’est l’heure de faire une pause musicale.
Nous allons écouter I Know You par Kellee Maize. Kellee Maize est sans doute l’une des artistes les plus appréciées par l’équipe de Libre à vous !. Rappeuse, chanteuse et autrice-compositrice, elle a publié six albums entre 2007 et 2017, dont on a déjà passé plusieurs titres. Elle publie tous ses titres sous licence libre Creative Commons CC By Attribution. Dans un article de 2014, elle a donné plusieurs conseils à la nouvelle génération d’artistes, elle disait : « Je vous invite, je vous encourage vraiment à publier sous licence libre, parce que ça permet de faire découvrir votre musique à beaucoup plus de personnes, vous aurez donc une base de fans. » Bonne idée, à condition que la musique soit de bonne qualité.
J’ai choisi ce morceau que j’ai vraiment envie d’écouter, je ne sais pas vous, parce qu’en plus c’est la première fois. I Know You par Kellee Maize. On se retrouve dans environ quatre minutes. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Pause musicale : 1, 2, 3, petits pois ! par Ciboulette Cie.

Voix off : Cause Commune, 93.1.

Isabella Vanni : Nous ne venons pas d’écouter le morceau de rap I Know You par Kellee Maize, qui disponible sous licence libre Creative Commons, CC By 4.0.
Je ne sais pas ce qui se passe en régie aujourd’hui.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : Nous allons poursuivre notre discussion.
Je suis Isabella Vanni de l’April.
Nous sommes le 1er avril 2025 et nous discutons des actualités du libre avec Bookynette, Gee et Étienne Gonnu qui est avec nous malgré un gros rhume. Merci à Étienne.
N’hésitez pas à participer à notre conversation au 09 72 51 55 46 ou sur le salon web dédié à l’émission sur le site causecommune.fm, bouton « chat ».
Je voulais savoir si Gee avait profité de la pause musicale pour avancer un peu sur cette fresque, tu as dit qu’il fallait quand même une grosse heure et demie.

Gee : Je me rends compte que j’ai fait un peu une bêtise, c’est-à-dire qu’au niveau des proportions, je me suis un peu vautré. Là, vous voyez la scène où, normalement, Adam essaie de toucher les doigts de Dieu. Dans ma version, il y arrive, je les ai fait se faire un check, en fait, je les ai mis trop près.

Magali Garnero : C’est plus amical !

Gee : C’est modernisé. On est en 2025 ! Adam ne peut-il pas faire un check à Dieu ?

Étienne Gonnu : Qu’est-ce qu’il y connaît Michel-Ange en check !

Gee : Peut-être que c’est Michel-Ange qui s’était gouré, les doigts devaient se toucher, il les a mis trop loin.

Étienne Gonnu : C’est lui qui avait mal géré les proportions, ce n’est pas toi !

Gee : C’est grandiose, c’est métaphorique ! Mon œil !

Partenariat de l’April avec le think tank Le digital dans l’œil

Isabella Vanni : Je crois que c’est Étienne qui a trouvé le prochain sujet, qui voulait en parler, je te laisse la parole.

Étienne Gonnu : Ça concerne aussi l’April, je pense que c’est une bonne manière de parler de nous, après tout, surtout maintenant qu’on est dans une dynamique MAGALI, je pense qu’il faut savoir se mettre au centre de l’actualité.
Il y a exactement trois ans, on avait lancé un Pacte du logiciel libre pour les cabinets de conseil, c’est une bonne réussite. L’objectif était double : identifier, parmi les cabinets qui susurrent aux oreilles des ministres, ceux sur qui nous pourrons nous appuyer pour promouvoir ou défendre, quand nécessaire, les libertés informatiques et puis, sur le plus long terme, créer un contact entre nous et les titulaires des marchés publics afin de devenir une forme de référent logiciel libre pour ces personnes. Depuis on a avancé et là ça va se concrétiser, on est sur le point de faire un partenariat avec un think tank spécialisé dans le conseil numérique, Le digital dans l’œil, un regard tourné vers l’avenir, pour dispenser des formations au cœur de l’action en B to B, en flux tendu, toutes ces choses-là, je ne suis pas spécialiste du sujet, et tout ça dans une logique de ruissellement. Qui conseille les conseillers ? C’est l’April !

Magali Garnero : Effectivement. Du coup, c’est un moyen de toucher les conseillers, de toucher les politiques par rebond, en apportant de l’information véritable pour éviter de se retrouver avec des buffets à volonté microsoftiens.

Étienne Gonnu : Et là où se prennent en vrai les décisions. C’est le sens des réalités dans lequel on veut s’inscrire.

Isabella Vanni : Et pourquoi as-tu choisi ce think tank par rapport à un autre ?

Étienne Gonnu : Pour sa vision de long terme, ils savent où ils vont, donc on y va avec eux.

Magali Garnero : Je complète. Eux, par rapport aux autres think tanks, ils ne sont pas sur le court terme, ils voient beaucoup plus loin, d’où leur nom, Le digital dans l’œil. En plus, ils l’ont vraiment profond, dans l’œil, le digital, ils savent de quoi ils parlent. Je pense que de tous ceux qu’on a rencontrés avec Étienne et Fred, ce sont ceux qui seront le plus facilement, comment dire, pas manipulables, mais on pourra travailler avec eux, ils ont à peu près les mêmes valeurs que nous. Ils vont de l’avant.

Étienne Gonnu : Ils ont compris MAGALI.

Gee : C’est une nouvelle qui me réjouit, évidemment. Tout le monde, ici, ne le sait pas forcément, mais moi j’ai commis, avec l’aide d’un camarade qui s’appelle le professeur Pouhiou, un guide qui s’appelle Le Guide du connard professionnel, qui parle énormément de consulting. Voir ce think tanks œuvrer au sein de l’April, c’est un peu un rêve qui devient réalité, c’est-à-dire que c’est l’alliance de la Start-up Nation et de l’associatif. Je pense qu’on a trop longtemps été arc-boutés sur nos principes, à se dire « gnagnagna, le capitalisme c’est caca ». Au bout d’un moment, il faut faire avec son temps !

Étienne Gonnu : Et, comme tu disais, il y a caca et caca.

Gee : En plus, ça reboucle avec le sujet précédent, c’est incroyable !

Magali Garnero : À tous ceux qui sont intéressés par ce sujet-là, quand même assez profond, votre livre, à toi et au professeur Pouhiou, est vendu dans les bonnes librairies, vous pouvez donc avoir accès à cette information. Ce n’est pas quelque chose qui est fermé. À l’April, on fait les choses de façon ouverte, donc vous pouvez obtenir toutes ces informations.

Gee : Tout à fait.

Isabella Vanni : Je pense qu’on a terminé sur ce goûteux sujet.

[Clochette du 1er avril]

Open Bar Microsoft/Éducation nationale

Isabella Vanni : On a une autre actu April. On a un récemment publié une actu sur notre site concernant l’Open Bar/Éducation. En fait, on ne s’y attendait pas, mais après l’Open Bar Microsoft et le ministère des Armées, que l’April dénonce depuis de nombreuses années, maintenant il y a un Open Bar, c’est-à-dire un contrat cadre général de quatre ans, que le ministère de l’Éducation a signé avec Microsoft pour un montant maximal de 152 millions d’euros.

Magali Garnero : C’est incroyable tout cet argent foutu en l’air !

Isabella Vanni : À ce moment-là, j’ai vraiment besoin que mon collègue chargé de mission affaires publiques à l’April m’explique ce qui se passe. Je suis consternée !

Étienne Gonnu : Ils en ont parlé un peu la semaine dernière [Au café libre], un peu comme ce que vous dit Bookynette « c’est incroyable, on est scandalisé », tout ça. Je pense qu’il ne faut pas trop voir le mal partout. Microsoft est effectivement dans l’Éducation nationale depuis un moment. En 2021, ils avaient déjà fait un accord, on peut le regretter, bien sûr que là ce sont des gros montants, mais, en même temps, qu’est-ce qu’il fallait faire ? Microsoft est là, ils ne vont pas tout jeter par les fenêtres non plus ! C’est vrai que Windows 11 arrive, ce n’est pas facile de tout changer, il faut bien faire les mises à jour. C’est aussi une réalité, on parle de gestion d’argent public, c’est un gros ministère. Et puis, combien cela coûterait-il de former tout le monde à l’utilisation des logiciels libres ?, on ne s’est pas posé la question, sans doute aussi beaucoup d’argent et c’est un peu plus compliqué. C’est quand même plus simple de juste continuer comme on a fait avant.
Et puis, on ne va pas se mentir ! C’est très bien d’investir plein d’argent dans le tissu économique local tout en s’assurant de la maîtrise de ses systèmes d’informatique pour créer une sorte d’écosystème vertueux et pérenne, mais c’est quand même vachement plus simple de juste faire un gros contrat avec une entreprise dominante et puis de lui filer les clés de la boutique ! C’est un peu plus facile, c’est quand même un peu plus efficace, on ne va pas non plus s’emmerder ! Et puis, de toute façon, ces trucs de hippies ! [Accès de toux, NdT]. Excusez-moi, je ne sais pas ce que j’ai depuis ce matin, je crois que je couve un truc, j’ai mangé des moules pas fraîches. Pardon, excusez-moi. Je te rends l’antenne Isa, je vais aller boire un verre d’eau.

Isabella Vanni : Je crois que Gee voulais peut-être descendre de l’échelle.

Gee : De toute façon c’est bon, on m’a filé un micro-cravate. Je suis un peu gêné. Quand j’ai lu cette actu, j’avais compris qu’il allait y avoir des Open Bars dans l’Éducation, je suis plutôt pour les Open Bars, je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas bossé. C’est vrai que j’ai un peu tendance à dire un, Microsoft, ce n’est pas non plus les gens qu’on aime bien en général, c’est sûr, mais quand j’entends Étienne, je fais confiance à l’avis d’Étienne quand il dit « ne fais pas de l’anti-Microsoft primaire », je veux bien le croire. Bon, d’accord, c’est une perte de souveraineté, d’accord, on ne fait pas bosser les agents locaux, mais Windows c’est dans le paysage, les gens savent s’en servir. Si j’ai le choix entre un vrai Open Bar et une licence Windows à prix sacrifié quand même, parce que 152 millions d’euros, c’est une paille, oui prenons les licences Microsoft.

Étienne Gonnu : Et puis les Américains sont gentils.

Gee : C’est vrai, on m’a dit que là, politiquement, c’était en train de devenir un paradis sur terre. Du coup, je pense qu’il faut embrasser tout ça.

Magali Garnero : Je propose qu’on passe au sujet d’après et vous deux, je veux vous voir à la fin de l’émission.

[Clochette du 1er avril]

Pot-pourri d’actus

Isabella Vanni : Il y a plusieurs sujets, il y avait tellement de sujets, on a trouvé tellement d’actus pour cette émission, on essayera de tout balayer un peu plus rapidement.

Étienne Gonnu : J’ai une question d’Anisette Fifouin qui demande l’heure qu’il est.

Isabella Vanni : Finalement ! Enfin une question pertinente, il 16 heures 27. Merci beaucoup pour cette question.

Étienne Gonnu : Merci Anisette.

Isabella Vanni : Je vous propose de balayer ensemble toutes ces actus qu’on a identifiées.
Gee, tu veux peut-être commencer.

Gee : Oui, une brève qui vient de tomber : il y a une épidémie de diarrhée à OpenAI. ChatGPT vient officiellement d’être nommé « Chat je me suis fait dessus ».

Isabella Vanni : Bookynette.

Magali Garnero : Autre brève. Elon Musk est envoyé par erreur dans l’espace parce qu’il a appuyé sur le mauvais bouton en visitant le dernier vaisseau de Space X.
Ce n’est pas grave, l’empathie étant une faiblesse, on va le laisser là-bas.

Étienne Gonnu : Bill Gates s’est échappé de sa maison de retraite, il a été aperçu au zoo de Cincinnati en train de lancer des cailloux à un groupe de manchots.

Isabella Vanni : Pour mettre fin à la polémique Firefox vient d’être renommé Gingerpanda.

Gee : Oui. On peut peut-être détailler un peu, parce que les gens ne vont pas comprendre. Si on traduit mot à mot, Firefox veut dire « renard de feu », fire fox.

Étienne Gonnu : C’est un Pokémon ?

Gee : Ça fait penser à ça. Nous, en bon Français, Françaises, ignorants, ignorantes des langues étrangères, on disait « renard de feu », alors qu’en fait pas du tout, Firefox désigne apparemment un panda roux, une autre espèce, c’est tout mignon.

Étienne Gonnu : Je crois que c’est officiellement l’animal le plus mignon du règne animal.

Gee : C’est vrai que comme la part de marché de la France est quand même conséquente pour Mozilla, ils ont décidé, pour que ce soit clair pour tout le monde, de dire « Gingerpanda », comme ça on est tous d’accord, c’est un panda roux. Voilà !

Magali Garnero : Pourquoi pas panda roux alors ? Pourquoi ginger ?

Gee : C’est comme la ginger beer.

Isabella Vanni : C’est le côté marketing, Bookynette !

Magali Garnero : Ce n’est pas bon la ginger beer.

Gee : C’est très bon ginger beer !

Étienne Gonnu : Ginger, c’est rouge. Je croyais que tu étais bilingue, Together Make April….

Magali Garnero : Je m’entraîne !

Isabella Vanni : Ça va venir ! Je crois qu’il y a d’autres brèves dont on voulait parler.

Gee : Une autre. C’est à prendre au conditionnel. Coup de tonnerre dans le petit monde des éditeurs de texte : le logiciel Vi, vous prononcez comme vous voulez, intégrera désormais une croix pour fermer le programme. C’est une révolution.

Isabella Vanni : C’est une très bonne nouvelle !

Magali Garnero : J’ai besoin de comprendre : pourquoi une croix ?

Gee : Est-ce que quelqu’un sait, ici, comment on ferme Vi ?

Étienne Gonnu : C’est quoi Vi ?

Gee : Vi est un éditeur de texte, pas un éditeur de texte genre le bloc-notes de Windows, un éditeur de texte pour lequel il faut bac + 5 pour savoir s’en servir, notamment pour savoir le fermer. Personnellement je ne l’utilise pas, je crois que c’est un truc du style « :q » pour le fermer, les gens confirmeront dans le chat.

Magali Garnero : Dans le chat, ils mettent effectivement « :q ! » et ils sont contre la croix.

Étienne Gonnu : C’est assez logique non !

Magali Garnero : D’être contre la croix ?

Étienne Gonnu : Aussi.

Gee : On me fait signe, dans l’oreillette, que ce sera précisément un X puisque, évidemment, ça reste du ASCII, donc, il faudra cliquer le caractère « x », soit en se déplaçant dessus avec le clavier, soit avec sa souris.

Magali Garnero : Autre brève. Framasoft est poursuivie en justice par EDF pour violation du droit des marques après avoir lancé son fromage libre, la Framatome de Savoie.

Étienne Gonnu : Pas trop loin j’espère !

Isabella Vanni : Soutien à Framasoft, bien évidemment.

Magali Garnero : Ça va coûter cher en frais d’avocat !

Étienne Gonnu : Il faut supprimer le droit d’auteur et le droit des marques aussi.

Magali Garnero : On est d’accord, on y revient.

Étienne Gonnu : Une dernière brève. La mode du rétro continue. Après le retour du vinyle et de la cassette, c’est maintenant Napster qui fait son grand retour. Le PDG de Spotify hurle à la concurrence déloyale en s’écriant, je cite, « diffuser de la musique sans payer les artistes, c’était notre créneau ! ».

Gee : Ce n’est pas totalement faux !

Étienne Gonnu : Je croyais que c’était la Sacem qui…

Magali Garnero : C’est ce que j’étais en train de me dire, ce n’était pas plutôt la Sacem qui devrait gueuler ?

Gee : Le PDG de Spotify exagère un peu, ce n’est quand même pas le seul sur ce créneau, ils sont plusieurs.

Étienne Gonnu : Sinon, il faudrait qu’ils fassent du NFT, comme toi.

Gee : C’est l’avenir.

Magali Garnero : J’ai une dernière brève. Une nouvelle religion a été mise en place l’IAisme, la nouvelle religion du chaos numérique. Si vous voulez plus d’informations, je vous conseille d’aller voir sur LinuxFR.org. En tout cas, je pense que je vais me convertir.

Isabella Vanni : Dis donc, tu te convertis rapidement, tu te fais convaincre facilement. Il y a des arguments ?

Magali Garnero : Il y a plein d’arguments et, franchement, ça vaut le coup !

Étienne Gonnu : Je pense à ce qu’a dit Gee. Si cela advient, mieux vaut être du bon côté de la barrière.

Isabella Vanni : On a complété un peu plus tôt que d’habitude. Je vous invite à rester sur le plateau ou dans les parages pour commenter, éventuellement, la prochaine chronique de Vincent Calame.
Je vous remercie et je vous donne rendez-vous au prochain Café libre et à la prochaine émission. Merci à vous.
Nous allons maintenant faire une pause musicale.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : Après la pause musicale, comme je vous disais, nous entendrons la nouvelle chronique de Vincent Calame.
Pour l’instant, nous allons écouter Drunk Blues par KPTN, tiré de son premier album Flammes. Interviewé dans Libre à vous ! en 2021 - vous pouvez retrouver cette interview en tapant libreavous.org/96 –, KPTN répondait ainsi à mon collègue Étienne Gonnu qui lui demandait pourquoi avoir choisi de publier sa musique sous licence libre : « J’ai fait ce choix d’une manière un peu simple. Comme je l’ai dit, pour moi c’est un hobby, je n’avais pas d’enjeu par rapport à une monétisation de ce travail, je n’ai pas besoin de ça pour vivre, c’est donc aussi plus facile pour moi, en tant qu’amateur, de faire ce choix-là que, peut-être, pour des professionnels. Après, il y a vraiment une conviction de dire que ce que l’on produit doit pouvoir être librement diffusé, c’est une première chose, et librement réutilisé. Je crois beaucoup à l’écosystème du Libre, que ce soit dans le logiciel comme dans la culture, c’est donc vraiment par conviction personnelle que j’ai voulu faire ça et je serais plutôt ravi que des gens trouvent ce que je fais assez bon pour être repris dans d’autres contextes. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, mais peut-être qu’un jour ça le sera. » On aime beaucoup KPTN dans Libre à vous !. On a déjà passé pas mal de ses titres, il est d’ailleurs en train de réaliser un deuxième album, j’espère que c’est pour bientôt.

Magali Garnero : Ce mec-là est un vrai libriste. On devrait aller le dragouiller, le charmer, pour qu’il intègre le CA de l’April.

Isabella Vanni : Oh ! Déclaration choc de notre présidente en direct. Je ne sais pas vous, moi j’ai vraiment hâte d’écouter KPTN, j’ai vraiment hâte d’écouter ce Drunk Blues et j’espère que cette fois on aura la bonne chanson. On ne sait jamais, mais je suis confiante. On se retrouve juste après. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Pause musicale : Samba Brazil par Zezinho Fernandes.

Voix off : Cause Commune, 93.1.

Isabella Vanni : Nous ne venons pas d’écouter Drunk Blues par KPTN, disponible sous licence libre Creative Commons, CC By SA 4.0. Je ne sais pas ce qui lui prend à la régie aujourd’hui, mais Julie me rassure, cette musique est aussi sous licence libre, on va quand même vous mettre toutes les références utiles sur la page de l’émission, je vous rappelle, libreavous.org/241. Rappelons quand même qu’en plus de créditer la musique, la clause SA, Share-alike, impose le partage dans les mêmes conditions, c’est-à-dire avec la même licence.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : Je suis Isabella Vanni de l’April. Vous écoutez Libre à vous !. Nous allons passer au sujet suivant.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : En fait non, on ne passe pas tout de suite au sujet suivant, parce que, sur le salon de webchat de la radio, on me rappelle qu’on a promis un mug, une tasse connectable comme prix, si vous répondez bien à la question, au quiz final, donc restez jusqu’au bout parce qu’il y a une deuxième tasse à gagner, la première c’est celle de Booky. Vous n’aurez pas la sienne avec le nouveau logo de l’April, vous aurez la deuxième.
Sinon, je voulais avoir des nouvelles de la fresque. Gee, s’il te plaît, où en est-on ?

Gee : Il y a un truc que je n’avais pas prévu, les néons. Du coup, j’ai peint par-dessus, ce qui fait que quand on allume, ça fait une lumière un peu spéciale, je trouve ça pas mal, je me dis que si Michel-Ange avait eu des néons, il aurait fait pareil. Je ne suis pas loin de la fin. Je ne sais pas pourquoi il a mis autant de temps, mais bon, c’était une autre époque !

Étienne Gonnu : Question de talent peut être aussi !

Isabella Vanni : De modestie aussi !

Magali Garnero : Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ton personnage qui touche Dieu n’est pas à poil. Dans mes souvenirs, à la chapelle Sixtine, on a un homme dénudé et là non.

Gee : Je ne sais pas si tu le sais, mais, par exemple sur Facebook, si tu veux publier des photos de gens tout nus, ça ne marche que si ce sont de vieilles œuvres, c’est-à-dire des œuvres classiques. Moi par exemple, quand je dessine des personnages tout nus, je n’ai pas le droit de les mettre sur Facebook. L’ambassade américaine a demandé à la France de se plier aux lois américaines, je m’exécute, il y aura donc de la censure malheureusement, on ne verra pas de zizi sur le plafond.

Magali Garnero : Je suis déçue !

Gee : Je suis désolé, c’est comme ça. Peut-être que dans 200 ans, quand cette œuvre sera un classique, Facebook l’acceptera en version non censurée, mais, pour le moment, ce serait de la pornographie ! On n’est pas comme ça. On fait des choses respectables.

Isabella Vanni : Est-ce que tu pourrais incruster une petite lamate dans la fresque, entre nous.

Gee : Il va falloir que je grattouille un peu, j’ai peur que le polystyrène du plafond finisse par partir, mais franchement, ça se tente. Je veux bien. Ça va faire un petit peu de bruit, pendant la chronique de Vincent. Pardon ! On va on va faire ce qu’on peut pour que ce soit discret !

Magali Garnero : Et l’éclair qu’il y a tout au fond, c’est quoi ? Ça a rapport à Harry Potter, c’est pour montrer la dangerosité de la foudre ? C’est quoi ?

Gee : C’est pour que ça pète un peu ! Je trouve que la version originale est un peu fade. Je rajoute des trucs, un peu comme dans des BD genre Lucky Luke. Quand Lucky Luke bouge, tu as atteint un effet de mouvement. Là, quand Michel-Ange fait un check à Dieu, il faut qu’il y ait un petit peu des trucs autour pour montrer que ça bouge, sinon c’est vachement statique, donc les éclairs, les étoiles, les petits oiseaux.

Étienne Gonnu : En tout cas, on espère que ça vous plaît, chers auditeurs et auditrices ! Je pense que c’est la première fois qu’on réalise une œuvre de cette ampleur à la radio.

Magali Garnero : Il y aura forcément des photos, on va prendre des photos. On va vous faire partager cette œuvre formidable, unique, et qui va traverser les saisons entières.

Gee : Jusqu’à ce qu’ils refassent le plafond !

Magali Garnero : Par contre, ce serait bien que tu rallumes la lampe sur la table parce qu’on ne voit plus grand-chose.

Chronique « Lectures buissonnières » de Vincent Calame – Mnemosyne

Isabella Vanni : Comme je disais tout à l’heure, on va attaquer le dernier sujet de l’émission d’aujourd’hui, une chronique de Vincent Calame, que nous avons le plaisir d’avoir avec nous sur le plateau. Bonjour Vincent.

Vincent Calame : Bonjour Isa. Bonjour à tous.

Isabella Vanni : Informaticien libriste, bénévole à l’April, tu nous proposes chaque mois une chronique dont le titre est « Lectures buissonnières » ou comment parler du Libre par des chemins détournés en partageant la lecture d’ouvrages divers et variés. Le thème du jour est Mnemosyne. Vincent tu sais qu’on ne fait pas la pub de médicaments dans Libre à vous !

Vincent Calame : Exactement ! En fait, ce n’est pas du tout ça.
Je veux d’abord dire que je suis ravi de faire cette chronique sous une reproduction de la chapelle Sixtine, ça me va, c’est exactement dans l’ambiance parce que, je ne sais pas pour vous, mais je trouve que l’engouement actuel pour l’IA vire carrément à la crise mystique.
Sous la froide rationalité des zéros et des uns de l’informatique, se cacherait donc une soif de merveilleux ? L’April doit aider à combler ce vide spirituel. C’est pourquoi, dans ma chronique du 1er avril 2025, je me propose de vous partager le fruit de mes recherches avec le suivant objectif : doter le mouvement du logiciel libre d’une divinité tutélaire !

Sous l’Ancien Régime, les métiers s’organisaient souvent sous la forme de corporations placées sous la protection d’un saint patron. Par exemple, Saint-Vincent est le patron des vignerons, ce qui, personnellement, me plaît bien. Mais, se placer sous le patronage d’un saint poserait deux problèmes :
Premièrement, il faudrait arriver à s’entendre sur le prénom qui sera ainsi honoré. Sainte Ada ? Saint Richard ? Sainte Magali ?
Deuxièmement, le problème des saints… c’est que ce sont des saints ! Leur vie est édifiante, leur mort en martyr, c’est un peu fade, il nous faut quelque chose de plus croustillant.

Qu’on se rassure tout de suite, j’ai écarté d’emblée les cultes de fiction, du style « Chtulhu et les grands anciens », ou le culte IAiste dont nous parlait Bookynette tout à l’heure. C’est par trop fantaisiste. Non, il nous faut du solide, de l’ancré dans nos racines, c’est pourquoi je me suis tourné vers la mythologie grecque.
À partir de là, le cahier des charges de mes recherches devenait simple : à quelle divinité du Panthéon grec pourrions-nous, nous libristes, vouer un culte rassembleur ?

Le premier dieu qui m’est venu à l’esprit est Héphaïstos, Vulcain pour les latinistes, le dieu forgeron. Comme vous le savez peut-être, on parle de « forge logicielle » pour désigner une plateforme de partage de code de logiciels libres. L’analogie entre la forge d’un logiciel et la forge d’un outil est, de mon point de vue, très pertinente. Le problème, c’est qu’Héphaïstos risque de ne pas attirer les foules. À sa naissance, sa mère, Héra, l’a trouvé si laid qu’elle l’a jeté par-dessus bord de l’Olympe et sa chute l’a rendu boiteux. Marié à Aphrodite, il est d’une jalousie morbide. Beaucoup plus grave, il a tenté d’abuser d’Athéna. J’ai dit précisément que je ne voulais pas de petits saints, mais il y a des limites. Exit donc Héphaïstos !
En fait, il vaut mieux éviter les divinités puissantes et connues : Athéna, Zeus, Poséidon, Aphrodite. Les légendes montrent qu’elles peuvent se révéler particulièrement susceptibles si on ne les honore pas comme il faut.

Je me suis donc tourné vers les divinités mineures et c’est là que j’ai trouvé la déesse qui nous correspond en tout point, il s’agit de Mnémosyne. Mnémosyne n’est pas un médicament, c’est une déesse. Mnémosyne est la déesse de la mémoire. On retrouve les mêmes deux premières syllabes imprononçables dans le mot « mnémotechnique » qui désigne les méthodes pour améliorer la mémorisation. Pas besoin de faire un long discours, je pense, pour établir le lien entre « mémoire » et « informatique », nous sommes en plein dans le sujet.

On sait peu de choses de Mnémosyne : c’est une Titanide, fille d’Ouranos et de Gaïa, donc sœur de Cronos, le père de Zeus. Elle est surtout connue pour être la mère des neuf muses, ce n’est pas rien, muses dont le père est Zeus, le neveu de Mnémosyne, si vous avez bien suivi. D’après Pausanias, un oracle lui était consacré à Trophonios, en Boétie, et sa statue était présente dans des lieux de culte, associée à d’autres divinités.
Ce peu d’informations nous arrange ! Je me voyais mal organiser le sacrifice d’un taureau ! À nous d’inventer le rituel qui accompagne son culte ! Organiser une petite cérémonie en son honneur, avant toute AG de l’April, aurait de la classe, par exemple. Cela introduirait un peu de décorum et donnerait plus de solennité à l’instant.
Outre la pompe et le cérémonial, l’organisation d’un culte a d’autres avantages. Il permet notamment de trancher de vieilles querelles. Prenons l’exemple de l’indentation du code : tabulation ? Deux espaces ? Quatre espaces ? Organisons un pèlerinage à Trophonios et que l’oracle nous donne la réponse !
Des conseils avisés comme « il ne faut jamais mettre son code en production un vendredi », peuvent se transformer en interdits religieux, ce qui est beaucoup plus efficace pour les faire respecter.
Dernier avantage, et non des moindres, qui dit « culte » dit « denier du culte » et « marchands du temple ». Les projets libres arrivent difficilement à proposer d’autres choses que des t-shirts et des tasses comme produits dérivés, même des tasses améliorées ! Avec un culte, les possibilités sont innombrables : la chasuble officielle, l’encens pour exorciser le programme qui ne compile pas, le petit autel que toute entreprise de logiciel libre se devra de placer dans son vestibule, etc. La liste est longue et l’April ne devrait pas négliger une telle source de financement.

Pour conclure, il ne me reste plus qu’à citer Critias, dans le livre du même nom de Platon. Il invoque ainsi la déesse Mnémosyne au début de son discours : σχεδὸν γὰρ τὰ μέγιστα ἡμῖν τῶν λόγων ἐν ταύτῃ τῇ θεῷ πάντ᾽ ἐστίν, traduit par Émile Chambry, cela donne : « Car on peut dire que tout ce qu’il y a de plus important dans mon sujet dépend d’elle. »

Isabella Vanni : Waouh ! Ça mérite !
Merci beaucoup, Vincent, pour nous avoir enfin trouvé une déesse adaptée aux logiciels libres.
Je vais profiter du fait que nos personnes invitées aujourd’hui pour le Café libre sont encore autour de la table, savoir si elles souhaitent rebondir sur cette belle idée de Vincent. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Isabella Vanni : Je vois que notre présidente a un mot à dire peut-être.

Magali Garnero : Déjà, quand on parle de culte, de temple, je pense que je vais m’en faire construire un, un vrai, en miniature, sous forme de petit autel, qui pourrait être revendu. Je pense que c’est une très bonne idée. Vincent, je te remercie.

Gee : Je te l’ai dit tout à l’heure, j’ai déjà la photo de toi au-dessus de mon lit. Maintenant je peux te l’avouer, j’ai également aussi, déjà, un petit mausolée en ton honneur dans mon salon. On peut s’inspirer de ça si tu veux. Pas de souci !

Isabella Vanni : Étienne, qu’est-ce que tu penses de cette déesse comme déesse pour le logiciel libre ?

Étienne Gonnu : De toute façon, je suis salarié de l’April, j’irai dans le sens qu’on me dit d’aller !

Magali Garnero : Après, on avait déjà un nom qui avait été copié par des assurances et un parfum, on peut avoir un nom qui est copié par des médicaments et des déesses, donc allez, go !

Isabella Vanni : D’accord. OK. Je vous rappelle que nous allons faire un quiz à la fin de l’émission pour vous faire gagner une merveilleuse tasse connectée. Je voulais savoir, Gee, si cette fresque est finie.

Gee : C’est fini, je suis assez fier de moi. Par contre, il va falloir que je pulvérise un petit peu de fixatif dessus. Je viens de regarder la bouteille, il y a une énorme tête de mort, donc je pense qu’on va quand même évacuer le studio avant. Votre sécurité avant tout !

Isabella Vanni : Qu’est-ce que tu penses de la fresque, Vincent, ça te plaît ?

Vincent Calame : Oui, mais moi j’ai des références plutôt grecques, un beau taureau ce n’est pas mal aussi.

Isabella Vanni : Benjamin est resté avec nous sur le plateau. Comment te sens-tu sous cette fresque ? Ça change de l’habitude.

Étienne Gonnu : Benjamin est en train de travailler, de se concentrer.

Isabella Vanni : Je n’avais pas vu l’oreillette. Je demandais comment tu te sens sous cette merveilleuse fresque que Gee nous a concoctée à cette occasion ?

Benjamin Bellamy : Je trouve ça magnifique, c’est vraiment superbe. C’est un peu oppressant, mais je pense que pour un lieu de culte, on ne pouvait pas rêver mieux.

Isabella Vanni : Très bien. Que des félicitations Gee, donc bravo.

Gee : Merci. Ça me fait plaisir.

Étienne Gonnu : Beaucoup de décisions importantes sont prises aujourd’hui, c’est bien.

Isabella Vanni : Et tu as mis moins d’une heure et demie, finalement tu as fait en beaucoup moins de temps.
Nous approchons de la fin de l’émission. Nous allons terminer par quelques annonces.

[Virgule musicale du 1er avril]

Isabella Vanni : Julie, j’aimerais parler avec toi après l’émission si tu es disponible.

Étienne Gonnu : Je pense qu’il faut quand même qu’on conduise une analyse sur le thé.

Isabella Vanni : Oui. Elle en a pris combien de tasses ?

Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l’April et le monde du Libre

Isabella Vanni : Dans les annonces.
Déjà une excellente nouvelle et vraiment je demande aux personnes qui sont avec moi autour de la table de la commenter. Je suis vraiment ravie de vous annoncer que les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, mieux connues comme RMLL, l’événement libriste le plus apprécié par les libristes de tout bord, reviennent cet été. C’est la grande nouvelle d’aujourd’hui.

Magali Garnero : Trop bien. Où ça se passe que je puisse prendre mon billet ?

Isabella Vanni : Attends. Je voudrais d’abord parler un peu du contenu. Il y aura, comme d’habitude, des conférences, des ateliers, un village avec plein d’associations, plein d’organisations dans tous les sens, des projets, plein de projets aussi représentés et, bien sûr aussi, des discussions jusqu’à l’aube, comme nous aimons, des parties de tarot. On connaît déjà les dates, donc réservez dès maintenant votre première semaine de juillet et prenez vos billets pour le Nukistan. Tu es prête ?

Magali Garnero : Je ne sais pas où c’est, mais on va y aller, bien sûr.

Isabella Vanni : Je te laisse chercher. Suite à cette excellente nouvelle on passe à la prochaine.
Vous l’avez entendu lors du Café libre, j’aime bien le répéter, notre présidente a voulu beaucoup de nouveautés pour l’April. Parmi ces nouveautés la mascotte du Lama déchaîné devient une femelle qui s’appellera Perle en hommage à Perle Lama, une chanteuse de soul et de RnB.

Sinon, je suis vraiment désolée de vous dire que c’était, ou pas, la dernière de Libre à vous !. On a réfléchi et on s’est dit que pour s’ouvrir au monde des start-ups, l’émission devient, dès la semaine prochaine, Open source à vous !

Et je vous invite, comme d’habitude, à consulter le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org, pour trouver des événements en lien avec les logiciels libres ou la culture libre près de chez vous.

Notre émission se termine.

On remercie Loïc Dayot pour le dahl de lentilles, Sorbonne Université pour le prêt de l’amphi pour l’AG de l’April, GnuCoralix pour son soutien depuis tant d’années, les bénévoles du Chapril pour leur réunion mensuelle du mardi soir et Olivier Grieco.
Bien sûr, encore merci pour le poisson !

Vous ne retrouverez pas sur notre site web libreavous.org/241 les références utiles de l’émission de ce jour, ah si, peut-être quelques-unes.

Ne perdez pas votre temps à nous faire des retours, ni pour indiquer ce qui vous a plu, ni pour les points d’amélioration.
Vous pouvez poser toute question, par contre, nous n’y répondrons pas ou alors lors d’une prochaine émission, ou pas. Néanmoins, vos remarques sont les bienvenues à l’adresse bonjour chez libreavous.org.

La prochaine émission aura lieu mardi 8 avril 2025, mais je ne suis pas au courant du sujet principal. Ah si, pardon, c’est moi anime. Notre sujet principal portera sur la série documentaire Share Alike, réalisée par le collectif Lent ciné.

Nous vous souhaitons de passer une fin de journée digne de ce nom. On se retrouve en direct mardi 8 avril et d’ici là, faites ce que vous pouvez !

[Feu d’artifice]